Ismaël Guedi Hared

Ismaël Guedi Hared

Rôle :Homme politique djiboutien

Période : Années 1939 – 2015

Ismaël Guedi Hared est une figure politique majeure de l’histoire contemporaine de Djibouti, notamment à l’époque de l’indépendance. Né en 1939 à Djibouti dans une famille de la communauté Issa, il fait partie de cette génération d’intellectuels engagés qui ont activement participé à la libération nationale et à l’édification de l’État djiboutien. Après avoir suivi une éducation traditionnelle et coloniale, il poursuit ses études supérieures en France grâce à une bourse exceptionnelle. Il est diplômé de l’École des hautes études d’outre-mer et de l’Institut des sciences sociales et du travail. Sa formation universitaire lui permet de commencer sa carrière comme inspecteur adjoint du travail, puis comme secrétaire à l’Office de Main-d’Œuvre. Dès les années 1970, Ismaël Guedi Hared s'engage activement dans le combat pour l’indépendance de Djibouti. Il milite aux côtés de Hassan Gouled Aptidon, futur président de la République. Il participe à la Conférence de Paris en 1977, qui marque la fin de la colonisation française et la naissance officielle de la République de Djibouti le 27 juin 1977. À l’indépendance, il est nommé Directeur de cabinet du président Hassan Gouled, un poste stratégique qu’il occupera pendant plusieurs années. À ce titre, il joue un rôle important dans la mise en place de l’administration djiboutienne, dans la gestion des premiers fonds internationaux, et dans la consolidation de l’autorité présidentielle. Cependant, dans les années 1990, déçu par l’évolution autoritaire du régime, Ismaël Guedi Hared prend ses distances avec le pouvoir. Il devient l’une des figures de l’opposition politique. En 1996, il fonde le Groupe pour la Démocratie et la République (GDR), ce qui lui vaut une condamnation à six mois de prison et une suspension de ses droits civiques. Il ne renonce pas pour autant à ses convictions et poursuit son combat pour une alternance démocratique. Par la suite, il devient président de l’Union pour la Démocratie et la Justice (UDJ), un parti politique d’opposition, puis l’un des principaux dirigeants de l’Union pour le Salut National (USN), une coalition de partis opposés au régime d’Ismaïl Omar Guelleh. Il incarne pendant plusieurs années l’aile modérée de l’opposition, appelant au dialogue mais dénonçant fermement les dérives autoritaires et les violences politiques. Ismaël Guedi Hared est connu pour sa discrétion, son intelligence politique et sa fermeté. Il reste jusqu’à la fin de sa vie un homme de principes, attaché aux valeurs de justice, de démocratie et de respect de la souveraineté populaire. Il décède en septembre 2015 à Paris, laissant derrière lui un héritage politique important. Sa fille, Ilaya Ismaël Guedi Hared, prend la relève à la tête de l’UDJ.

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